Iris terdjiman
ancien evêché
Uzès, france
1>15 juillet 2O20





HAPAX NOSTALGHIA [retour à Uzès]



C'est une exposition aux allures de pélerinage, où l'on rentre à Uzès comme on rentre à Ithaque. Cette sélection de moyens et grands-formats est une relecture anhistorique des lettres écrites par le jeune Jean Racine séjournant dans cette ville vers 1661-1662, au coeur de laquelle se tisse mon propre rapport à cette ville-berceau.

HAPAX NOSTALGHIA est spécialement pensée pour ce lieu particulier qu'est l'Ancien Evêché, où j'ai exposé et vendu mes premières toiles en 2001, alors lycéenne, et où je reviens presque vingt ans plus tard, après avoir vécu à Montpellier, Paris et aujourd'hui Bruxelles.

J'ai débuté ma vie de peintre dans la chambre d'un appartement de la place du Dûché à Uzès. Ville de mon adolescence, de l'apprentissage du métier de vivre et du métier de peindre. Age où l'on découvre la nostalgie, la poésie et les premières extases, les premières- dernières fois, dans les ruelles d'Uzès-la-Montagne (comme on l'appelait à une lointaine époque), dans les méandres de la vallée de l'Eure propice aux rêveries diverses.

L'ombre des grands peintres de la Provence plane : il y a dans cette exposition HAPAX NOSTALGHIA le souvenir des toiles d'Arène qui arrivaient en ville chaque saison, de Cézanne et de Van Gogh, éternels arpenteurs.

Le programme iconographique de cette série de peintures puise donc aussi bien dans les lettres de Racine, évoquant passions amoureuses intenses, soleils d'hiver, chaleurs d'été, Bains de Vénus et torrents de livres, que dans ma propre mémoire de l'Uzège. Une « peinture brute et agitée », résolument figurative dans laquelle on se souvient, dans laquelle un je-ne-sais-quoi échappe.